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Le “Pouce” de César vendu 1,2 million d’euros

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Le sculpteur César avait un certain doigté que nul ne peut nier.

Rien de surprenant, donc, à ce que son "Pouce" soit extrêmement recherché.

L’œuvre du sculpteur représentant le doigt "symbole" de l’auto-stop et du lâcher-prise a été adjugé 1,219 million d’euros, "un record mondial" pour une oeuvre de cet artiste, a annoncé samedi l’étude Cornette de Saint-Cyr chargée de la vente aux enchères.

Cette pièce du sculpteur César (1921-1998) était estimée entre 900.000 et 1,2 million d’euros. Elle a été adjugée dans le cadre d’une vente prestige à Drouot-Montaigne, à Paris, à l’occasion de la Foire internationale d’art contemporain (FIAC). Le bronze, haut de six mètres, qui appartenait à des particuliers, a été acheté par un collectionneur étranger, a précisé l’étude.

Il n’existe officiellement que deux autres exemplaires de ce "Pouce" géant. Mais le registre de fonte, manuscrit, de l’entreprise Bocquel fait apparaître quatre épreuves d’artiste de cette taille (et non trois, comme indiqué au catalogue) : pour Séoul (à l’occasion des Jeux olympiques), Marseille, et Plessis-Robinson. Celui qui risque de faire scandale est ainsi décrit : «Le 21-6-93/Nahon/EA 1/2 P. Nahon N.Dame Fleurs». Autrement dit, destiné au domaine de Notre-Dame-des-Fleurs à Vence, de Pierre Nahon, de la galerie Beaubourg.

Selon les éléments réunis par "Libération", la pièce apparaît dans la succession du sculpteur, placée sous administration judiciaire et objet de mesures conservatoires à la requête du Trésor public. La succession fait, en effet, l’objet de deux redressements fiscaux dépassant les quarante millions d’euros. Sans parler d’une multitude de procédures, sur fond de déchirements au sein de la famille et des proches.

Depuis la mort de l’artiste, il y a neuf ans, le marché est "pollué" par les disparitions d’œuvres et la multiplication de faux posthumes. Des centaines de copies ou faux ont été saisis ces dernières années par les gendarmes. De surcroît, environ 200 œuvres ont disparu de l’héritage, sans compter 200 autres, portées manquantes en 2001 et retrouvées en trois ans et demi d’enquête policière. D’où le premier redressement fiscal sur les bénéfices. Or, à en croire les documents, ce pouce fait partie des œuvres portées manquantes, puis retrouvées.

La fille de César, Anna Baldaccini, a demandé en vain une explication sur la vente de samedi à l’administratrice judiciaire de la succession, Me Monique Legrand. Les organisateurs de la vente précisent que leur client aurait acheté l’œuvre en toute bonne foi à Pierre Nahon. Sinon, ni l’administratrice judiciaire, ni Stéphanie Busutil, la compagne de César, légatrice du droit moral, ni Alain-Dominique Perrin, désigné exécuteur testamentaire, n’ont voulu expliquer cette miraculeuse réapparition.

Sources : AFP, Libération

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